08 juin 2009
Réaction post-élection
Les résultats connus ce dimanche soir confirment le désintérêt des Français et des Européens pour un scrutin qu'ils ne reconnaissent pas comme un attribut de leur expression démocratique européenne.
En France, les aspects nationaux et les rivalités partisanes auront particulièrement marqués une campagne qui n'a rien apporté en terme d'une quelconque contribution nouvelle à l'unification européenne et notamment à une démarche vers l'unité politique à travers l'expression commune des peuples européens.
Cette dramatique abstention à l'élection au Parlement Européen, qui d'ailleurs n'en est pas un, nous conduit à une interrogation de fond sur l'avenir de la démocratie européenne et de la souveraineté des peuples au niveau de l'UNION EUROPEENNE.
Seul un véritable projet politique approuvé par une majorité large des 420 millions d'Européens électrices et électeurs pourrait redonner à l'Europe un élan nouveau pour la mettre en mesure de compter parmi les modèles de civilisations dans un monde globalisé.
Seuls les citoyens européens peuvent en être porteurs.
Les États-nations et les technocrates de la Commission sont au bout d'un système de traités sophistiqués qui ne peut créer aucune forme d'adhésion collective.
Seul un modèle européen créée avec l'appui de tous les peuples peut assurer notre avenir commun et nous permettre d'apporter des propositions à l'organisation de nouveaux équilibres dans un monde globalisé.
Les États sont plus que jamais en retard sur les peuples. La crise mondiale devrait leur fournir l'occasion unique d'une remise en cause. L'idée européenne est plus que jamais la seule perspective qui nous soit offerte. Aux peuples de saisir cette opportunité historique face à la capitulation des États semblables à la passivité de nos nations démocratiques avant la seconde guerre mondiale.
Seul l'avènement rapide d'une Europe Unie constituera une réponse aux défis du monde actuel.
Jacques SCHMITT
23:09 Publié dans Tribunes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, bruxelles, commission, union, européennes
Bref commentaire post-élection
L’abstention est la grande gagnante de ce scrutin. La nouvelle Assemblée européenne doit en tenir compte et entreprendre un travail de fond pour se doter d’une réelle visibilité auprès du citoyen européen. Les euro-députés doivent s’impliquer davantage auprès de nos concitoyens et créer ce lien crucial qui fait aujourd’hui défaut.
L’UMP se targue de sa victoire. Elle est à nuancer. Est-on victorieux quand près de 70% des électeurs se sont portés vers des courants d’opposition ?
Aujourd’hui, force est de constater que l’Alsace, cette terre du centrisme, est orpheline de cette famille de pensée.
Ce centrisme est cet humanisme qui ont guidés cette région à la croisée des chemins n’ont pas disparus pour autant. Une rénovation et une réappropriation de ces valeurs centristes et démocrates sont nécessaires.
Les centristes et démocrates de tout bords doivent travailler de concert et se retrouver pour conduire notre Alsace vers les défis de l’avenir.
Centrisme et humanisme ne sont pas de simples mots que peuvent s’approprier des politiciens transfuges en mal de carrières.
Ces termes font sens, c’est autour d’eux que le rassemblement doit se faire. N’entrons pas dans les jeux politiciens de personnes et de places.
Il faut rendre au centrisme sa place dans le paysage politique alsacien avec fidélité envers nos convictions.
Arnaud LEHMANN
22:55 Publié dans Tribunes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, alsace, strasbourg, centrisme, europe, européenne
03 juin 2009
Pas de Bling_Bling à Scy –Chazelles.
Le doux tintement, désuet ding- dong ( Verlaine est né à Metz) d’une horloge de vieux clocher de campagne, égrène désormais les heures posthumes du repos éternel d’un grand homme auquel un groupe du CIDEC est venu rendre hommage ou plutôt venu se « ressourcer », si besoin en était, pour ces pélerins du chemin de la construction européenne.
Le moment était à la fois opportun en cette veille d’élections européennes mais aussi un peu décalé car la campagne requiert en même temps l’action de terrain.
Mais confirmer ou raffermir ses convictions donne un élan plus déterminé et donc plus productif .
Ainsi, pour les uns ce fut la découverte, pour d’autres l’approfondissement de la pensée et de l’action de Robert Schuman, l’Européen frontalier, père fondateur de la construction européenne , avec Monnet, de Gaspéri, Spaak , Adenauer après les visions « utopistes » de Victor Hugo reprises plus concrètement par Churchill.
Entre chaumière dans l’esprit et petit manoir dans la nécessité, la résidence, secondaire d’abord puis principale, du ministre ou du président du Conseil de la IV° République, alors en réalité premier personnage de l’Etat en dépit la présence d’un président de la République réduit à un rôle symbolique, ne manque pas de charme. Elle fleure bon les encaustiques à la cire d’abeille, le linge propre et la lavande .
Les grincements du parquet, le mobilier confortable pour l’époque mais sans aucune ostentation, des commodités tout aussi sommaires mais de bon aloi, une bibliothèque richissime en ouvrages pour polyglotte, un jardin paisible ouvert sur la vallée de la Moselle que le regard peut embrasser de Metz au Luxembourg et projeter bien plus loin dans tout le bassin rhénan, terre d’inspiration de Robert Schuman, tout cela ajouté aux souvenirs, photos, objets hétéroclites, font de ce lieu un sanctuaire de sérénité dont la simplicité, la modestie, l’austérité presque, nous rappelle à de vraies valeurs.
Entre autres visiteurs de marque, le cardinal Roncalli, futur JeanXXIII , y fut accueilli dans une salle à manger de style « paysan aisé » telle qu’on peut encore en trouver aujourd’hui chez des gens âgés.
Un Robert Schuman familier et proche donc, comme il le fut auprès de ses électeurs mosellans qu’il n’a cessé de représenter avec tendresse et fermeté. Le chrétien ( on parle d’un procès en béatification) n’est pas absent dans cette intimité comme en témoignent les crucifix, tableaux ou sculptures qui, avec des portraits, décorent les murs.
Mais quand on approfondit un peu sa biographie on peut voir aussi que bien que démocrate-chrétien, il fut profondément attaché à la laïcité, seule garantie de paix religieuse.
Un musée « tout neuf » présente la vie de l’homme d’Etat.
Dans un immeuble attenant dont l’architecture ne réjouit pas tout le monde, le Conseil Général de la Moselle a réalisé dans une large galerie sinueuse, un très beau travail.
La vie de Robert Schuman s’y déroule comme une bande d’ADN : vie et œuvre dans le contexte en abysses faisant défiler les plans du local au mondial en passant par l’international surtout l’européen et bien sûr le national . Les illustrations sont pertinentes et agréables. Dans les prémices de la formation des blocs, l’Atlantisme ( adhésion au plan Marshall…et bientôt l’OTAN) était dans cet immédiat après-guerre la seule parade pour les hommes épris de la liberté enfin retrouvée contre les totalitarismes imposés par Moscou. En revanche la CED(Communauté Européenne de Défense) , rejetée par les Gaullistes et les Communistes avait les faveurs du grand Lorrain, frontalier et partant expérimenté.
Voilà un exemple parmi tant d’autres possibles qui nous renvoie à la politique actuelle de la France et à l’Europe d’aujourd’hui, après la disparition du rideau de fer !!! A méditer.
Mais au CIDEC on ne fait pas que « consumer ses heures en d’austères études » pour parodier Baudelaire, on sait aussi vivre joyeusement, fraternellement dans la bonne humeur.
METZ au pas de charge.
Avant de quitter Scy-Chazelles, un petit apéritif sur le pouce, en présence de Nathalie Griesbeck, toujours aussi charmante , aussi vraie et aussi stimulante pour inciter à une pugnacité renouvelée au service de la cause européenne. On la retrouvera sûrement au Parlement Européen et souvent chez nous à Strasbourg où elle s’est toujours prêtée avec grâce à toutes nos sollicitations . C’est pour moi, la plus Alsacienne des candidats même si elle est mosellane. La façon amicale avec laquelle elle a accueilli les questions, la gentillesse et la clarté avec laquelle elle y a répondu, lui font mériter notre affectueux respect. Faisons la membre d’honneur du CIDEC !
Fermez le ban et courez dans Metz, vieille ville de garnison.
Après un déjeuner frugal, place de la gare, après une courte intrusion dans la rue « Serp » temple de la consommation ( on est loin des valeurs de notre grand homme mais..), vite un aperçu rapide et sommaire incitant à une nouvelle visite ( place de la Rep, Esplanade, bords de Moselle, quartier de l’Arsenal….) : Metz est véritablement devenue une très belle ville.
Retour donc en contournant le chantier déjà bien avancé du futur « Beaubourg-Pompidou ». Bonne humeur et petite sieste dans le car jusqu’au siège intangible des Institutions Européennes.
C’est chouette une journée passée avec des amis surtout quand c’est, de surcroît, pour la bonne cause . Arnaud en chef d’orchestre a été parfait .
Antoine SPOHR
19:44 Publié dans Comptes-rendus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cidec, europe, scy-chazelles, metz, moselle, robert schuman


